C’est quoi être un patron de TPE PME en France aujourd’hui ?
Pendant que les médias se focalisent sur les grands patrons, avec leurs avantages sociaux et leurs salaires à sept chiffres, peu de journalistes s’intéresse à la réalité des patrons de TPE PME.
Les patrons de TPE PME et la réussite financière
Un dirigeant qui rencontrait des difficultés m’a dit : « entreprendre, c’est le coeur« .
En effet, il en faut du cœur pour traverser les mois difficile, survivre aux commandes annulées et réussir à dormir sans être sûr du lendemain.
L’univers des femmes et des hommes patrons de TPE PME est souvent bien loin des images télévisées.
Selon l’enquête publiée par la Confédération des petites et moyennes entreprises en 2024, la moitié des dirigeants de PME perçoivent une rémunération inférieure à 2600 euros net par mois.
- 20 % gagnent moins qu’un Smic ;
- 31 % ont une rémunération comprise entre 1400 et 2600 euros mensuels ;
- 25 % ont une rémunération comprise entre 2600 et 4000 euros par mois ;
- 25 % ont une rémunération supérieure à 4000 euros par mois.
A priori, la volonté d’entreprendre et de rester chef d’entreprise n’est pas directement liée à une réussite matérielle hors norme…
En d’autres mots, avoir une TPE PME ne rend pas forcément riche.
Le sentiment d'être utile des patrons de TPE PME
Pourquoi rester chef d’entreprise pour si peu de revenus et un quotidien souvent inconfortable ?
C’est le coeur.
La volonté d’un avenir meilleur, la satisfaction de créer des emplois, la fierté de faire vivre une région…
Chaque dirigeant et dirigeante a des raisons personnelles fortes qui l’aide à aller de l’avant. Néanmoins, le sentiment d’être utile prédomine : utile à ses employés, clients, fournisseur et à sa communauté.
Personnellement, je me souviens de mes cours d’économie. Les entreprises étaient décrites comme des lieux de richesse et de création de patrimoine pour les dirigeants et les actionnaires. A aucun moment l’aspect de l’impact sociétal et de l’utilité publique des chef et cheffes d’entreprises n’était évoqué.
C’est bien dommage.
Lors de mes interventions avec 100 000 entrepreneurs auprès des collèges, les élèves me demandaient si j’étais riche et si j’avais une grosse voiture.
Comment expliquer à des jeunes que l’entrepreneuriat c’est une aventure humaine avant tout ?
Alors même que les TPE PME forment 80% des apprentis…
Le rapport aux patrons des TPE PME en France est plutôt négatif et plein de clichés.
Il ne reflète pas la volonté d’être utile et de contribuer à un avenir meilleur qui pousse des femmes et des hommes à créer des entreprises et à les faire vivre.
La solitude des patrons de TPE PME
Les dirigeants et dirigeantes se sentent seuls.
Solitude face à la société qui croie que les dirigeants sont riches et exploiteurs bien sûr.
Mais aussi solitude face aux responsabilités et à l’immensité des paramètres qu’il faut maîtriser. Plus l’entreprise grandie et plus les obligations administratives et techniques se multiplient.
Face à cela, il n’y a qu’une solution : s’entourer. Et surtout, faire confiance.
Les dirigeants qui vivent le mieux le poids de leur quotidien sont ceux qui savent identifier et accepter leurs limites. Pour cela, le coaching est un outil efficace.
D’ailleurs, plus la période est compliquée sur le plan économique, plus les dirigeants se sentent seuls. Ils portent tout le poid de la responsabilité, sans pouvoir parler des difficultés à leurs salariés, ni montrer leurs émotions.
Malheureusement, plus le sentiment d’isolement est fort, moins le dirigeant est en mesure de remplir ses obligations de manière efficace. Trop de poid émotionnel, trop de stress, une vision brouillée, une perte de sens
Trop de poids émotionnels, trop de stress, une vision brouillée, une perte de sens… Beaucoup de facteurs peuvent nuire à la performance.
La solution ? Ne pas attendre qu’il soit trop tard avant de demander un coaching.
Myriam Blouet
Coach et Dirigeante