Est-ce que nous avons le droit d’être triste ?

La culture occidentale en général n’aime pas trop l’expression d’émotions négatives. Les gens tristes nous font fuir, alors que nous sommes attirés par les gens qui sourient, même si ce sourire est faux.

La tristesse est acceptée dans deux situations

1. Dans une situation grave

Des recherches menées notamment sur des policiers ont révélé que ceux-ci avaient plus tendance à croire les victimes de viol si celles-ci se mettaient à pleurer au cours de leur déposition.

L. Hackett, A. Day, et P. Mohr, Expectancy violation and perceptions of rape victim credibility, Legal and Criminological Psychology, vol. 13, pp. 323-334. ISO 690, 2008.

intelligence émotionnelle

2. Quand leur auteur arrive à “garder contenance”

Comme lorsque le président américain Barack Obama a versé quelques larmes au moment d’évoquer les enfants tués par un déséquilibré dans une école de Newtown, en 2012.

Le reste du temps, la majorité des coach et des psychologues nous apprennent à “gérer nos émotions”.

Gérer… comme un compte en banque, une entreprise…

Gérer… 

Vous ne trouvez pas que ce mot est particulièrement déshumanisant ?

Exemple : la réaction face à la crise climatique.

En fait, je ne fais pas partie des climatosceptiques.

Alors je vois bien les sécheresses à répétition, les incendies monstrueux, la fonte des glaciers… c’est un tournant dangereux pour nous, humains et pour la vie sur terre.

D’ailleurs, si tu es un humain avec des émotions (et que ton compte en banque n’est pas basé sur le pétrole) tu sens que l’anxiété monte.

C’est l’éco-anxiété.


Rien de plus normal.

Comment rester insensible alors que le monde se dégrade ?

D’ailleurs, c’est cette anxiété qui fait bouger l’humanité.

Nous ne sommes pas des autruches

Gérer l’éco-anxiété n’a pas de sens.

Seule l’action va nous aider à nous sentir mieux devant le désastre.

Accepter de vivre ses émotions, c'est l'intelligence émotionnelle

Bon, revenons à ma question du début : est-ce que j’ai le droit d’être triste ?

Juste triste, sans me justifier ou gérer ma tristesse ?

 

En 2012, Jonathan Adler, psychologue de l’École d’ingénieurs Franklin W. Olin, et Hal Hershfield, professeur de marketing, à l’Université de New York, ont demandé à des individus bénéficiant de 12 séances de psychothérapie de remplir un questionnaire évaluant leur bien-être psychologique.

J. Adler et H. Hershfield, Mixed emotional experience is associated with and precedes improvements in psychological well-being, e35633, 2012.

Les patients devaient décrire leur vie, en détaillant leurs émotions.

Cette étude a montré que de nombreux participants se sentent simultanément joyeux et abattu.

Ces émotions « contradictoires » leur étaient désagréables au moment où ils les vivaient, mais elles amélioraient souvent leur bien-être sur le long terme.

Les chercheurs ont donc suggéré que « prendre le bon et le mauvais en même temps nettoierait les mauvaises expériences, nous permettant d’y trouver un sens ».

Exemple : comment utiliser l'intelligence émotionnelle lors d'une première journée dans une nouvelle entreprise

Voici comment utiliser ses émotions dans un contexte spécial : la première journée dans une nouvelle entreprise. Situation tellement stressante !

La “gestion” de l’émotion (réinterpréter, normaliser ou changer de point de vue) amène à un comportement positif, mais bien moins intéressant que vivre l’émotion et l’exprimer.

Vivre son émotion et l’exprimer, c’est l’intelligence émotionnelle à l’état pur.

Je suis convaincue que nos larmes sont une force incroyable.

Accepter de tomber à genou face à quelque chose qui nous touche profondément… et pleurer toutes nos larmes, jusqu’à la dernière….

Voilà ce qui fait de nous des êtres humains.

Myriam Blouet
Coach et Dirigeante